dimanche 17 août 2014

Trail des fantomes 2014 : never give up !


Samedi 16 juin 2014, 5H15 , je suis réveillé...pas moyen de me rendormir , je tourne et retourne dans mon lit, je finis par me lever . Petit dej' , douche , le matériel est prêt de puis la veille , je n'ai pas de stress particulier, ca change. Je charge tout dans la voiture et c'est parti pour un heure et des de route, direction les Ardennes. Le temps est assez changeant, je traverse des bancs de brume et la pluie semble prête a tomber. A la roche je me gare sur un parking à l'écart et commence a m'habiller. Bientôt des Allemands viennent me voir pour me demander ou se situe le PC de course...puis des Hollandais… je ferme tout et pars a pied en ayant pris soin de passer ma veste car il ne fait pas si chaud. 15 minutes plus tard j'arrive au Floreal, je recupere mon dossard en 2 minutes il n'y a presque pas de file d'attente, c'est cool. Le welcome package est simple: un buff aux couleurs du TDF, un gobelet réutilisable et un roadbook avec la carte.
La suite  est simple , je sirote tranquillement mon aquarius, prépare mon sac et mes mixtures d'hydrixir. A H-30, un gel et un coup d'eau et je pars m'échauffer tranquillement en reconnaissant les 300 derniers mètres du parcours (la course part et arrive au même endroit…) .
10 minutes avant le départ, les gens commencent a se presser autour de l'arche de départ, pas de briefing, mais l'excitation commence a monter.
Au top la marée humaine s'engouffre sous la petite arche blanche et c'est parti pour 50 kilomètres.

Section 0/13 Kms:Temporiser

Au vu des commentaires sur le parcours, cette course est réputée difficile donc j'ai essayé de me réfréner dans les premiers kilomètres. C'est toujours difficile pour moi de ne pas céder à la tentation...j'ai tâché de me caler sur le cardio dès le départ, mais j'ai été surpris car les premiers kilomètres sont hyper roulants , on commence sur la route et il n'y a pas de difficulté particulière. Après une montée sans histoire, on oblique dans la forêt et très vite on tombe sur la première côte ou je marche très vite car ca monte sec et je veux m'économiser. La route se poursuit et arrive le kilometre 7, je cours facile dans une descente et arrive a un cours d'eau, les gens a gauche sont en train de traverser à la queue leu leu sur un mini pont, je choisis la "solution offensive" à la Podium et pars sur un tout droit à travers le ruisseau. j'ai les deux pieds trempés et ca vient juste de commencer…
Je commence à m'interroger sur la justification de course technique, car jusque là c'est du gâteau quand arrive le kilomètre 8,5 et là; directement les choses changent du tout au tout...les montées sont abruptes, les descentes super techniques et glissantes, les sections de plat ou j'avais prévu de courir se font en marchant car les racines , les troncs effondrés , les plaques de schiste et la gadoue ne rendent pas les choses aisées…, cruelle désillusion, mon allure en prend un coup et la progression entre le 9eme kilometre et le ravito est prudente. Une dernière montée et on arrive sur un parking, dans un grand espace dégagé, quelques mètres plus loin se tient le premier ravito en face d'une auberge. Je recharge une soft flask, , merci la dosette d'hydrixir , je ne m'attarde pas et repars tranquillement pour la suite.

Section 13/ 25 Assumer

On attaque bien vite une descente très raide, les gens finissent generalement par glisser sur les fesses et sur les mains, j'improvise une glissade facon skimboard, ca marche plus ou moins bien, mais je reste debout. En bas on repart le long de l'ourthe et bientot arrive une forte montée sur un massif de cailloux , on s'aide d'une chaine accrochée à la roche… la suite est identique, cette section est longue et usante, je progresse lentement, les sections le long de l'ourthe sont tres techniques, on passe sous ou sur de nombreux troncs et la boue est omniprésente. 16eme kilometre c'est l'heure de la blague du jour, la premiere traversée à gué. En principe on a de l'eau jusqu'au genou mais tres vite mon slip est trempé … ca doit etre mesuré par un géant du coin ;o) je repars trempé mais tranquillement pour enchainer de nouvelles sections techniques  , c'est tres long et ca use physiquement. Au 20eme je commence a avoir serieusement mal aux cuisses et aux mollets je sens des crampes qui se profilent, ca ne me rassure guere… mais je continue.
Arrive une sapiniere et une montée "dré dans l'pentu", là je commence a réellement souffrir, j'essaye d'enlever les compressions qui compriment mes qaudri, ca soulage un peu mais cette montée est longue et j'en bave. Je repars en clopinant quand ca redevient plat pour recourir sur une descente boueuse.
Autour de moi je vois que les gens commencent à être physiquement usés également, cette section est vraiment difficile. On enchaîne une montée boueuse et arrive le deuxieme ravito. Premier coca de la journée ca fait du bien, je vide mes poches des différents déchets, rempli les 2 flasques (j'ai beaucoup bu dans la section précédente…). La plupart des gens qui arrivent ont le visage marqué et beaucoup s'assoient sur les bancs , c'est tentant me dis je, mais si je m'assoie j'ai peur de repartir difficilement… aussi je continue .

Section 25/33: Tenir

Je repars cahin caha en marchant ca descend cool , je poursuis , je ne me sens pas super bien, au delà des crampes , je prends un gel à la caféine pour récupérer du sucre , je crains un début d'hypoglycémie. Cette section est la plus courte de la course (seulement 8 kms) mais elle me semble décisive, du fait des bosses à gérer et de la fatigue accumulée sur la section précédente. D'ailleurs en choisissant de repartir directement, j'ai laissé quelques unes des personnes avec qui j'avais jusque là couru et je ne les ai pas revues par la suite…
Les 29 et 30 eme kilometres sont assez éprouvants, je progresse lentement aux alentours de 5 kms / heure, pas terrible, mais j'ai franchement mal...j'abaisse les manchons de compression sur mes mollets ca diminue la douleur et je continue. Encore 2 bosses et voilà le ravito du 33eme kilometre. Surprise, ce ravito est situé dans une maison particulière. Les tables sont devant le garage, je fais une pause un peu plus longue pour boire un coca, vider mes déchets, remplir les 2 gourdes , souffler…

Section 33/45 : Gérer

la section qui vient, fait 12 kilometres, de quoi souffrir un chouilla… je repars en trottinant, sans chercher a force, ca decend en pente douce . On rejoint la forêt et les sapins je cours avec un groupe de 4 personnes qui ont l'air plus frais que moi… il reste moins de 20 bornes, il faut  juste y aller tranquillement me dis je, et ne pas déclencher de crampes… je cours doucement et ca fonctionne , sauf qu'à un moment je fais un pas un peu sautillant et mon mollet droit se bloque  j'étouffe un cri mais une personne s'arrete pour m'aider à soulager cette vilaine crampe qui me cloue litteralement (un tout grand merci au passage !) … c'est la cata j'ai super mal et je crains de ne pouvoir repartir… il reste litteralement 15 kilometres et en marchant ca va etre super long. Je decide de serrer les dents et de repartir asap en marchant nons sans avoir completement abaisser les manchons de cuisses et de mollets sur les chevilles...le look est horrible mais là je m'en fiche complètement...je marche 200 mètres, c'est tout plat et le terrain est praticable je recommence à courir doucement , en guettant le moindre signe de défaillance des mollets, mais bizarrement ca passe… Je continue doucement et me dis que finalement comme ca ca devrait tenir jusqu'au prochain ravito après quoi ce sera Maboge, la côte la plus méchante du coin. JE trotinne toujours et je finis par rattraper les gens avec qui je courrais avant. Un à un ils ont aussi semble t'il souffert de crampes ou de mésaventures similaires et sont passés en mode survie. On continue tous avec des airs de zombie jusqu'au prochain ravito, je tape la discute avec un mec , ca fait passer le temps et ca me permet de ne pas me focaliser sur mes douleurs. La pluie commence vaguement a tomber je sors la veste pour la ranger quelques centaines de metres plus loin, fausse alerte. Avec la race vest c'est un jeu d'enfant et ca evite de devoir tout enlever pour tout remettre. Par moment j'ai quand meme un peu froid et remonte les manchettes. Je continue a boire sans difficulté, c'est déjà ca . Une bonne hydratation ca previent les crampes , mais je ne sais pas si ca les soulage!
40 eme kilometre, je retire l'ipod, j'en ai assez de la musique, j'ai besoin d'entendre la nature autour de moi.
C'est vraiment bizarre, petit à petit mes jambes reprennent du tonus musculaire et répondent de mieux en mieux, ca descend doucement et les chemins sont larges et presque plat je recommence a courir presque correctement, 7 minutes au km sur le 42 eme puis 6 min 08 au 43 , je continue a pousser jusqu'au ravito (5 minutes 47 , j'ai l'impression de renaitre). Je me fais régulierement doubler par des coureurs engagés sur le 13 ou le 26 kms ils sont beaucoup plus frais , je ne me prends pas la tete.
Le ravito est dans un creux de chemin, j'ai dejà mon plan en tête, j'enchaîne rapidement la séquence que j'avais programmée : je remplis un bidon avec de l'hydrixir, je bois un coca et je me prends 2 gels: un coup de fouet et un boost, ca ne sera pas de trop pour affronter Maboge!   

Section 45/ 50 : Finir

Revigoré par le retour de meilleures sensations, je repars en trottant du ravito pour recommencer à marcher quelques mètres plus loin car nous sommes déjà au pied de l'imposante côte. Je jauge la situation et respire profondément en marchant. La route est relativement large et même si elle est assez abrupte (on s'en doutait!) elle n'est pas glissante, il y a plein de cailloux on dirait un sentier de Gr des alpes , ca m'aide franchement a continuer. Je m'accroche et poursuitsma progression tranquillement à un rythme régulier, cette montée va durer un bon bout de temps et il me faudra 15 minutes et quelques pour venir à bout du 45 eme kilometre (dont arret au stand), le haut de la côte arrive enfin j'apercois devant une des personnes avec laquelle j'ai joué au yoyo pendant toute la course, il a l'air encore frais et cours déjà,  je trottine, ca passe et commence a accelerer doucement et regulierement, poussé par les concurrents du 13 et du 26 qui eux ne se posent pas de question et courent. Virage à droite et ca y est on est sur le plateau, maintenant c'est de la descente littéralement jusque l'arrivée. 
J'accélère encore, ca passe, mes jambes répondent bien, ca descend, je pousse et le 47eme kilometre je le fais en 5minutes 17… tout va bien je dépasse des concurrents y compris le monsieur yoyo de toute a l'heure, je suis franchement extatique. Le 48eme kilometre est avalé en 4minutes 58, j'hallucine d'arriver a continuer a ce rythme, ca descend toujours j'augmente le rythme et m'accroche aux basques d'un concurrent du 26 . Bientot un grand panneau nous indique qu'ils reste un peu plus d'un kilometre avant l'arrivée, c'est l'occasion d'une derniere descente en lacets avec un peu de boue, qu'à cela ne tienne je vole et finis aux pieds de la pente, prêt pour la derniere vacherie du jour: une petite traversée de rivière. Je me jette à l'eau directement et là, bad trip, mes mollets couinent et moi je grince des dents. Un pas, puis un autre, je souffre et avance exhorté par tous les spectateurs amassés sur la berge d'en face. Au milieu du gué une mini crampe me fait grimacer, je perds l'équilibre, me rattrape et continue a progresser pour sortir ruisselant sur la berge d'en face.
Je recommence a courir, ca passe alors j'envoie il ne reste que 500 mètres , je me relache un peu a un moment mais entend une charge derriere, dans un sursaut d'orgueil je résiste et pars en sprint pour finalement doubler encore une autre personne et finir cette fichue course…
Je m'effondre sur un fauteuil j'ai un peu mal partout  et besoin de souffler. Je suis super content en tous cas! Bien content de ne pas avoir baissé les bras, d'avoir attendu que ca revienne et d'avoir reussi a finir en courant …
Deux quartiers de pastèque et de l'hydrixir plus tard, c'est déjà l'heure de rentrer.

Quelques chiffres :

  • 3H13 pour arriver au premier ravito
  • 15 minutes 21 pour venir a bout de Maboge
  • 6,5 doses d'hydrixir
  • 8 gels
  • 2 barres salées overstims
  • 6h52 ; 53eme classé

Matos:

  • Debardeur s Lab Salomon
  • T shirt sans manches
  • Cuissard D4
  • Short Salomon trail
  • Chaussettes Injinji
  • Sac slab 5
  • GPS + Cardio
  • peregrine 4 Saucony

Tops et flops (preparation et matos)

  • La plus grosse satisfaction coté matos c'etait l'utilisation des chaussettes injinji ,d'ordinaire je finis souvent avec des ampoules et un ou deux voire trois ongles en moins et là , rien, pas de souci. Clairement une solution qui fonctionne bien pour moi. (ca plus la nok)
  • Le ravito a été grandement facilité grace aux dosettes Hydrixir. Le gout peche est top et ne m'a pas écoeuré meme après 6 heures . Ca passait juste bien (idem pour les gels liquides et les barres salées).
  • Le truc qui le fait bien: la paire de mitaines, ca protege suffisamment sans donner trop chaud et c'etait bien utile pour gerer les troncs d'arbres, les cailloux ou la boue...
  • Grosse désillusion par contre côté compression. j'imaginais que ca pouvait m'aider et m'éviter d'avoir mal trop vite et c'est l'inverse qui s'est produit. Après 3 heures c'etait douloureux et apres 4 , c'etait devenu insupportable :(  a voir donc. voir le test preliminaire ici qui n'a malheureusement pas été transformé en course... 
  • Mon plan de marche: je l'avais cogité et peaufiné avec soin, j'avais juste omis un détail: la difficulté du terrain...big fail ...

Glop:

  • Le côté eco de la manifestation: chacun recoit un gobelet re utilisable , ca limite les dechets . Par contre le gobelet etait moyennement efficace, heureusement j'avais embarqué le mien (eco tasse raidlight) …
  • Les paysages , particulierement dans la premiere partie etaient somptueux, les traversées de riviere sur les petits ponts ou le barrage de Nisramont de toute beauté
  • l'ambiance etait globalement super chaleureuse, c'etait sympa de voir des spectateurs, même au milieu de nulle part !
  • Le marquage: globalement satisfaisant, on se retrouve toujours avant de se sentir perdu …
Pas glop
  • Le prix : 37 euros c'est vraiment cher et je ne vois pas ce qui le justifie (ravitos normaux, pas de t shirt , il est où le truc?) si ce n'est la recherche du profit?
  • La pasta party payante : encore 15 euros a sortir en sus … je trouve ca un peu abusé
  • Les trailers pas vraiment soucieux de l'environnement: je n'ai jamais vu autant de dechets par terre (d'ailleurs au passage, proposer des balistos au ravito c'est sympa mais quand on voit le nombre d'etuis qui jonchaient les chemins , on a de quoi s'interroger…) . Ca casse un peu le mythe du trailer ecolo...

 Question :

Et si c'etait a refaire? : une paire de batons pourrait etre la bienvenue….au vu du nombre de cotes a grimper, ca peut etre une bonne option. Idem pour les descentes pour freiner:)
Peut etre retravailler sur les squats et la chaise pour muscler les quadri et travailler les enchainements marcher en côte et recourir derriere. 

Ressources :

Le site de l'organisation.


le reportage de TV Lux 




une video du 26 ;  qui reprend je trouve assez bien quelques unes des jolies difficultés du coin:




et encore une video du 100 qui etait forcement, la distance reine (bravo Steven au passage !). 


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