Test de la gamme de nutrition 1:0.8 : vers une alimentation optimisée en course?
Je continue mes pérégrinations à la recherche de la stratégie nutritionnelle idéale pour la course. Si la nouvelle gamme de produits au ratio 1:0.8 (une proportion spécifique entre deux types de sucres : le glucose et le fructose) a d'abord été marketée pour une équipe cycliste professionnelle (la Decathlon CMA CGM), elle s'avère tout indiquée pour l'ensemble des sports d'endurance, y compris la course à pied et le trail.
Le "Gut Training" : qu'est-ce que c'est et comment l'aborder ?
Le gut training consiste littéralement à entraîner son système digestif à assimiler de fortes quantités de glucides pendant l'effort. L'idée ici n'est pas de prendre systématiquement des "doses de cheval" de glucides à chaque entraînement. Il s'agit plutôt d'intégrer ces produits spécifiques sur les sorties longues en les combinant avec nos boissons de récupération habituelles, puis d'augmenter graduellement les doses.
L'objectif ? Observer ses sensations au-delà de 60 grammes de glucides par heure et guetter d'éventuels signaux d'alerte comme l'écœurement ou les migraines.
on peut opter pour plusieurs stratégies en alternant entre les produits de la nouvelle gamme (ratio 1:0.8) et les anciens gels au ratio 2:1, ci après quelques exemples de mix :
90 g/h : Une flasque dosée à 60 g + 1 gel 2:1 (ou une barre 1:0.8).
85 g/h : Une boisson sous-dosée à 45 g + 1 gel 1:0.8.
80 g/H : une boisson dosée à 60 g + un demi gel 1:0.8)
80 g/h : 2 gels 1:0.8 + des électrolytes (boisson non sucrée).
75 g/h : 1 gel 1:0.8 + 1 pâte de fruit de la même gamme + des électrolytes.
70 g/h : 1 gel 2:1 + 1 gel 1:0.8 + des électrolytes.
Cette diversité d'options ouvre de nombreuses pistes pour le jour de la course, à adapter selon les envies et l'état de fraîcheur. C'est également parfait pour ajuster sa stratégie si la boisson ne passe plus au bout de quelques heures, un problème auquel je suis souvent confronté, l'idée étant alors de switcher sur les électrolytes a boire et des gels pour les glucides, en fonction de la capacité du moment...
Le test sur le terrain
1. La boisson isotonique
Produit phare du cyclisme, la boisson énergétique permet d'absorber un maximum de glucides sans trop d'efforts puisqu'il suffit de boire.
Le problème habituel : En ce qui me concerne, j'ai une vraie limite avec les boissons. Après 3 heures de course, la saturation du sucre m'empêche d'en boire. Je dois alors basculer sur de l'eau claire ou des électrolytes. Cela complique l'apport en énergie, car je me retrouve obligé d'ingurgiter de nombreux gels pour compenser, ce qui s'avère très difficile quand on est déjà écœuré, surtout par forte chaleur.
Présentation et préparation : C'est de la poudre classique, fournie avec une dosette. Le mélange se dissout très bien par rapport à d'autres préparations (comme la ISO+ par exemple) ; on obtient rapidement une solution homogène sans grumeaux. Seul bémol : la forme de la cuillère-doseuse n'est pas des plus pratiques pour éviter d'en mettre partout.
Pour mon premier test sur une sortie de moins de deux heures, j'ai préparé deux flasques de 600 ml : une dosée à 60 g (2 cuillères) et une sous-dosée à 45 g (1 cuillère et demi), restant ainsi en dessous du maximum recommandé de 90 g. J'ai choisi le goût citron.
Le verdict à 60 g : Le mélange est logiquement plus sucré qu'un ISO+ classique, mais le goût reste agréable. Le citron apporte une note légèrement acidulée très discrète. Ça se boit facilement et ça passe tout seul.
Le verdict à 45 g : La boisson devient très légère. C'est une excellente option pour les journées de canicule ou lorsque le dégoût du sucre commence à s'installer.
Deuxième essai sous la canicule : Je suis parti tôt le matin avec deux flasques de 60 g et un gel neutre (soit un apport d'environ 80+ g/h). C'est passé sans aucun souci digestif, malgré une légère saturation du sucre en fin de séance. Typiquement dans ce genre de conditions on privilégiera des boissons moins concentrées...
2. Les gels
S'il y a bien un produit incontournable en course à pied et en trail, c'est le gel. Compact et facile à consommer, cette version 1:0.8 propose une excellente densité énergétique avec 40 grammes de glucides concentrés dans une petite dosette de 45 ml. J'ai testé le goût citron, le cola et la version "neutre".
Ouverture et consommation : L'emballage s'ouvre facilement sans galérer. En bouche, la texture semi-liquide est assez onctueuse et rappelle les versions précédentes de la marque ou les gels performance hydration. Même en version "neutre", le goût reste très sucré. Le produit s'avale néanmoins sans problème. Combiné avec la boisson, il permet d'absorber de grosses quantités d'énergie avec un encombrement minimal dans le sac, à condition de tolérer le sucre.
cola
Pas forcement fan des gouts du genre , j'ai quand meme voulu tester au moins pour le fun cette version. A l'usage le gout est plus prononcé que sur la version citron ou neutre et clairement pas mon premier choix. Perso pour l'entrainement donc ou course courte.
citron
De memoire c'est le gout que j'utilise le plus car il passe assez bien pour moi et sur le long notamment . Le gout citronné est très leger et reste proche de la version neutre.
3. Les pâtes de fruit
Avec 35 grammes de glucides par portion, c'est un excellent score. C'est un aliment solide qui passe généralement très bien chez moi sur les sorties très longues (c'était d'ailleurs ma source d'énergie principale sur mes formats 100 miles). Faciles à mâcher, ces pâtes de fruit bénéficient en plus d'un emballage réussi : il s'ouvre facilement et se referme, ce qui est ultra-pratique si on ne souhaite pas la manger d'un seul coup. pas mal pour completer une boisson et alterner avec les gels. Le gout est proche de n'importe quelle pate de fruits et elle se consomme facilement grace a l'emballage top. Clairement une réussite.
4. Les barres à base de dattes
Les barres sont agréables en trail lorsque le rythme ralentit, notamment sur le long ou le très long cours. Cependant, selon la quantité de sucre globale déjà ingérée après quelques heures de course, leur texture et leur goût peuvent vite devenir écœurants. La barre chocolat est facile a manger sans devoir mastiquer comme un sauvage en revanche par temps chaud je n'ai pas trouvé ca super. Plutot pour les jours ou il fait frais en ce qui me concerne et sur du long.
les Gut training sessions...
Combien ca coute le gut training?
Quel impact sur l'entrainement?
Au debut, prendre des glucides systématiquement sur les sorties de plus d'une heure trente peut sembler fastidieux (et ca l'est...) car ca demande une préparation supplémentaire qui n'est pas forcement bienvenue dans un sport que l'on voudrait simple (tu prends tes baskets et tu pars courir...). En effet ,ca crée de facto une préparation supplémentaire nécessitant une certaine planification en fonction du volume de glucides que l'on veut consommer et ensuite d'assortir les produits que l'on va utiliser en fonction de ces cibles. Il faut aussi prevoir le transport des différents produits , tester differentes combinaisons (gel, boisson pate de fruit ou barre ...)
Transport de gels
un de mes dadas est de reduire le poids de ce que j'emmene et faciliter au maximum le passage dans les ravitos. Pour les gels par exemple, j'utilise depuis quelques années des flasques specifiquement dessinées pour les gels, une de 150 ml et une de 250ml soit l'equivalent d'un peu plus de 8 gels de 45ml (volume d'un gel 1:0.8 decathlon).
Pour les grosses doses, la gourde performance hydration permet d'emmener jusqu'à 500ml de gel (mais c'est un peu lourd et elle est graduée de 60 à 300g de glucides) mais ca fait un peu plus de 11 gels embarqués le cas échéant!
et donc ....
- manger en course ca s'apprend ...la nutrition est souvent citée comme la 4eme discipline en triathlon pour de bonnes raisons
- les efforts specifiques du trail et la tolerance individuelle font qu'il est tres difficile de se baser sur une approche "one size fits all"
- s'entrainer avec les produits que l'on utilise en course est certainement la meilleure approche pour, comme toujours, éviter des surprises en course (ne jamais tester de nouveau produit en course que l'on n'a jamais utilisé à l'entrainement, y compris les saveurs des gels ou boissons...)
- 2:1 ou 1:0.8 ou autre au final c'est encore une question de sensibilité personnelle !
- rien ne remplace les tests persos de terrain...
- augmenter légerement les doses à l'entrainement permet d'avoir une marge de sécurité le jour de la course (par exemple s'entrainer sur base de 85 ou 90 gr/ heure et partir sur une base de 80 le jour J).
- s'entrainer par tout type de temps est une recommandation qui fonctionne aussi très bien pour l'alimentation qu'on souhaite utiliser. les vieilles recommandations de mimiquer au plus les conditions de courses sont toujours valables y compris pour l'alimentation! (faire une reco sur le parcours avec les produits que l'on veut utiliser ...)
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