lundi 20 mai 2013

Georges fait la grimace...et moi aussi !trail à marche en Famenne

la grimace du grand Georges récit...

Cet hiver je m'étais programmé un trail à côté de la maison: un 62 kms qui avait donné son lot de mauvaises blagues (2 fois perdu...) , de conditions climatiques rigoureuses (-3°C...) et bizarrement une certaine fraîcheur à l'arrivée que je n'avais jamais connue jusque là. D'ailleurs je ne sais toujours pas à quoi c'est dû, l'entraînement, l'habitude ou le fait d'utiliser des chaussures avec un drop moindre (6mm)...

Bref, le printemps est arrivé et je me suis penché sur une nouvelle course. Les hasards du calendrier font que j’ai voulu me programmer une course avant juin et j’ai fini par tomber sur la grimace du grand georges, un joli trail en Ardennes, à une heure de la maison, avec 3 parcours, 28, 55 et 80 kms (78,22, pour être exact). En principe pour chacune de mes courses j’ai suivi un entraînement super planifié sur au moins 3 mois (le plus court je crois que c’était l’ecotrail 50kms de paris…) voire beaucoup plus. Là en regardant le calendrier , je m’aperçois qu’il reste 5 semaines… 

Si j’avais été complètement raisonnable et sensé je me serai probablement dirigé vers le 55 kms / 1500 D+, mais j’aime les longues distances et j’avais envie de me refaire un 80kms… après quelques hésitations je m’inscris en ligne et je sors mes tableurs excel pour  programmer 5 semaines de folie… j’ai peu couru proportionnellement ces derniers temps et très peu de sorties longues depuis la mazerine…les 4 semaines d’entrainement sont assez intensives, je mange de la borne avec en point d’orgue une semaine à 100 kms (course et marche) dont une sortie de 3H30, je suis fourbu… une semaine à 50% de charge et une seance d’ostheopathie plus tard je rentre dans la derniere semaine : seance VMA puis pates à donf ….

Samedi soir, apres 2 heures et quelques de train et 2 changements, je debarque enfin à Marche en Famenne, une petite seance de hiking, ca fait les jarrets , et me voilà arrivé au camping Paola. Pas de souci je pose a tente et repars manger… des pâtes en ville. S’ensuit une nuit courte entre coupée de reveils provoquées par les hurlements de mes voisins bruyants, pas cool, l’avantage, je suis réveillé à 4H15 sans reveil. 
Je me traîne,  à moitié gelé dans ma tente quechua bien humide de condensation,  et me prépare. Après 12 milliards de reflexions et hesitations je me decide a opter pour le duo short / cuissard plutot qu’un collant 3/4 , il ne fait finalement pas si froid (bon c’est pas l’été non plus). Pour le haut j’utilise la technique éprouvée de l’oignon : t shirt et manchettes, gilet coupe vent et un t shirt manches longues chaud par dessus, car il fait dans le 6°C…je descends jusqu’au lieu de départ et débarque avec tout mon barda, suscitant rires et interrogations chez nombre de mes interlocuteurs. Faut vraiment être malade pour camper a cette periode et surtout la veille d’une course apparemment ... 


L’inscription est super rapide, les organisateurs sont aux petits soins, c’est chouette. Je dépose mes sacs, rempli les gourdes et me dirige vers l’arche. Il fait un peu frisquet et le jour se lève, petit briefing éclair en 3 langues  et c’est parti, pas le temps de revasser, ca part cool. On enchaine petite montées et single tracks dans la foret c’est chouette et on court tout le temps , c’est sympa me dis je. 

Quelques kilomètres plus loin je fais connaissance avec la gadoue et les chemins creusés de profondes ornières remplies d’eau…mes pieds sont deja a moitié trempés et j’ai a peine fait 5 kms … au detour d’un chemin je ramasse un dossard perdu par concurrent puis une veste tombée au milieu du chemin, je me balade avec le paquet pendant quelques kilometres, attendant le premier ravito, mais retrouve finalement son proprietaire , tout heureux de recuperer sa gore tex ;o) , les premieres côtes apparaissent et je marche tranquille , c’est l’occasion de taper la discute avec des concurrents, c’est plutot sympa, je ne regarde pas le chrono et profite du moment, les paysages sont superbes et magnifiés par un soleil, certes voilé, mais présent. 
Après un bon gros passage boueux, j’enchaîne sur une descente au milieu des sapins dans l’herbe, puis une montée et une autre descente et voilà le premier ravito (17 kms). Je remplis mes bidons d’eau , remets un cachet d’isostar et c’est reparti je n’ai pas touché au buffet (coca, eau, chocolat, oranges et bananes). Encore une côte et en arrivant en haut une petite surprise, on coupe par une sapinière, il faut marcher/ sauter par dessus les branches de sapins qui jonchent le sol… les montagnes russes recommencent, montées et descentes s’enchainent sans s’arrêt, je marche beaucoup, j’ai décidé de ne pas trop me griller sur cette section qui est la plus longue (19 kms) les paysages sont là aussi splendides, j’en prends plein les mirettes. 
Les single tracks sont particulièrement magiques, les descentes s’enchaînent et je reste au frein à main pour éviter de me fatiguer plus qu’il n’en faut, je veux profiter de cette course au maximum. 

Une longue descente plus tard, un virage et voilà le deuxieme ravito, posé sur un trottoir sur une petite route. Je refais le plein  des gourdes et vide un verre de coca, je bois énormément (par rapport a d’habitude) et j’etais a sec depuis 300 metres. Petit escalier, on longe le canal de la roche en ardennes et puis c’est reparti pour la forêt, ca fait un petit moment que je cours tout seul mais voilà un coureur qui me rattrape, je le suis encore quelques temps puis de nouveau le silence…je grignote frequemment et gels et barrres passent très bien, ca me rassure, car l’alimentation est toujours primordiale . 

Probablement la section la plus fun et la plus sauvage, on passe dans de jolis endroits , mais ca glisse avec toutes cette boue et je me ramasse une bonne gamelle sur une pente boueuse mais fort heureusement sans gravité, je repars un peu tremblant …passage de ponts, franchissement de troncs effondrés, rien ne nous est épargné…
au detour d’un chemin je debouche sur une route et traverse un petit village, le fléchage me ramène vers la forêt et je ne suis plus très loin du Troisième ravito, je me détends c’est cool et… bing me volià face à un brusque changement de direction…les flèches indiquent la gauche, je regarde et vois effectivement des rubalises et marques sur ce talus qui monte de façon abrupte, c’est la sale blague du coin…je monte à 4 pattes en m’aidant des mains et de branches mortes que j’utilise comme des mini piolets, mes chaussures glissent, c’est pas franchement facile… je peste et gravis la bosse sous les yeux effarés de promeneurs avant de poursuivre sur une longue ascension qui m’amène directement au CP 3. 

j’en profite pour récupérer les victuailles que j’avais déposées et laisser le t shirt a manches longues ca fait ca de moins a porter…la section qui suit est sensée etre la plus courte : 13 kms. Ca commence par une montée, puis des descentes qui s’enchainent, toujours dans de jolies forêts . C’est un peu moins  boueux , mes pieds sont presques secs, les jambes commencent a etre lourdes , je continue a marcher en montée et trottiner en descente . Arrivé au 62 km je me fais un bon coup de flip, je pense avoir loupé le dernier ravito, je n’ai plus d’eau, j’ai un passage à vide. Arrive un passage dans les rochers , un photographe me dit : t’es a 500 metres du ravito…en fait je suis pas très frais , j’ai zappé que c’était au 65eme et pas au 62eme…je respire et repars finir ces 500 metres entre 2 glissades . 


La pluie commence a tomber je decide de sortir la veste et range le reste dans le sac. Dernier remplissage de bidons je retrouve des concurrents du 55. tout le monde repart en marchant, je trottine, un escalier un petit bout de route et de nouveau la forêt. Pour cette dernière partie il ya encore un bosse à négocier, une ascension longue. Il me reste encore des forces et 13 bornes. La montée commence sur une route goudronnée, ca monte facile j’en profite pour marcher rapidement, puis ca monte moins, je cours, je reprends un gel, j’ai la gniak, j’ai envie de finir… derniere montée ou presque du parcours, je marche vite et je rebois , la pluie s’est calmée, j’ouvre la veste. Ca y est la derniere montée est finie , je me relâche et cours , j’arrive même à accélérer, il reste encore 7 kms , je sors un gel à la caféine, ca passe et ca me revigore, j’envoie. J’ai la pêche, ca descend tranquillement c’est parfait pour courir. Je remouille mes chaussures./ chaussettes dans un passage boueux, qu’importe, je continue. Un petit passage goudronné et une derniere montée, je marche, pour repartir de plus belle. Derniers kilomètres j’accélère, un randonneur me dit qu’il reste 500 mètres j’appuie un peu plus, passe le viaduc et accélère encore pour franchir l’arrivée après 9H55 d ‘efforts…Quelle balade !





alimentation :

Les gels liquides overstims, le top 
le gel à la caféine : parfait pour finir 
les barres salées : impeccable meme a 6 heures du mat’, ca passe. 

Matos :


  • Short et cuissard + booster 
  • T shirt, manchettes et gilet hydrogen north face 
  • T short ML craft 
  • Veste hybrid trajectory 
  • Buffs X2 
  • Brooks pure grit (note le grip de ces chaussures est quand meme limite.. ;a voir si la V2 a corrigé ce point)


Super glop :

- l’équipe organisatrice : ils ont été adorables et nous ont choyé comme des poneys de course ;o) 
- le balisage : certainement le meilleur balisage que j'ai vu sur un trail, dès que j’avais un doute un pannonceau ou une fleche à la chaux me rappelait la bonne direction (meme si un certain nombre de pannonceaux ont été arrachés … force est de constater que le debalisage est un sport assez répandu...)
- la course elle même, certainement le trail qui ressemble le plus à un trail dans tout ce que j’ai couru jusqu’à présent ! 

moins glop :

- les passages bien techniques et glissants : certes ca rajoute du fun et un côté baroudeur au truc, mais est ce vraiment nécessaire quand t’as couru 60 bornes et que tu risques de te planter méchamment ? 
- le debalisage sauvage..une chose est sure , y a des  c**ns partout...pas cool 

lundi 13 mai 2013

Minimalisme, drop et ultra trail ...humbles considérations sur la course à pied et le minimalisme


La premiere fois que j'ai fais un ultra (nb pour autant que ca rentre dans la categorie ultra avec 80 kms et 1600 D+, mais ca c'est un autre débat...) , l'ecotrail de bruxelles, j'ai décidé de courir avec mes bonnes vieilles nike pegasus , réputées pour leur amorti et leur confort, même sur du long. Au final, j'ai eu mal aux jambes pendant 3 jours et j'ai eu suffisamment mal pour descendre les escaliers en marche arrière et marcher comme robocop, je m'étais dit qu'il y avait certainement un truc:
soit je manque d'entraînement et il va falloir augmenter encore mon volume d'entraînement (arg...)
soit j'agis sur d'autres paramètres comme les chaussures par exemple...

L'an passé c'est le moment où j'ai aussi commencé à m'intéresser au minimalisme. Après la lecture de born to run et le visionnage de différentes videos, la lecture du blog d'Anton Krupicka , j'ai commencé à me dire que ma vision de la course à pied avait peut être été faussée. "Less is more" dit l'expression, appliquée à la course à pied, moins d'amorti pourrait être bénéfique pour le corps sur le long terme (voir à ce propos ce blog en particulier pour ces nombreux posts sur le sujet)... bref, en pleine crise existentielle je me suis penché sur la question minimaliste et j'ai commencé à recourir pieds nus sur la plage, mais aussi à tester d'autres modeles de chaussures: minimus MR 00 (zero drop , zero amorti...), MT 110 de new balance (les pompes d'Anton...) , pure Flow et Pure grit (les pompes de Scott Jurek cette fois...) : 6 mm de drop et un peu plus d'amorti, sans rentrer dans la case coussin d'air/gel/ ressort ou autre.

Bilan: j'ai eu mal aux mollets en voulant aller trop vite (trop de kms trop vite) et fini par adorer courir en brooks : flow pour la route et les jsentiers cool et grit pour mon usage trail de tous les jours. En revanche quand je me suis inscrit à l'ecotrail j'ai recommencé à courir en nike en parallele, me disant que ces chaussures sans sur amorti seraient insuffisantes pour parcourir 80 kms sans bobo...
force est de constater que j'ai de toutes facons eu mal aux jambes en arrivant...d'où ré interrogation, re questionnement métaphysique. Quand on lit born to run on ne peut qu'etre impressionné par les distances parcourues par les indiens de la mesa qui utilisent des sandales bricolées a partir de vieux pneus... sans éprouver de douleur particuliere , ni lésions particulieres sur le long terme...
Pour le trail de la mazerine de cet hiver (février, -3°C, 62/67 kms ...distance variable en fonction du nombre de fois ou on se perd :p)j'ai voulu tester les grit sur du long. je n'ai couru qu'avec ce genre de chaussures depuis l'ecotrail et je n'avais aucune envie de recommencer avec des chaussures sensiblement plus lourdes. Donc j'ai couru tous mes entrainements avec mes brooks (flow ou grit) et utilisé les grit pour des sorties de plus en plus longues juqu'a 2H30 dans els 3 semaines qui ont précédé la course. O surprise, pas de douleur particuliere, pas d'ongle particulierement noire, pas d'ampoules et grosso modo une recuperation qui semble plus facile...arrive le jour de la course, le sol est gelé, il fait super froid (cf compte rendu de course) , je cours en 6H54, sans jamais me mettre dans le rouge, je finis certes fatigué, mais globalement en bon état, sans jamais avoir eu l'impression que l'amorti était insuffisant. course le samedi, je scrute attentivement les effets sur mon corps les jours suivants, j'ai mal aux jambes pendant 3 jours mais je descends les escaliers en marche avant et je marche à peu près normalement, avec certes quelques raideurs mais rien d'alarmant...fin de semaine je suis de nouveau d'attaque, juste un peu fatigué. J'ai recommencé à courir rapidement , sans souffrir plus que de raison...
Lorsque j'ai décidé de m'aligner sur le 80 kms de Marche en Famenne je n'ai pas réfléchi sur les chaussures, j'ai directement opté pour les grit (avec le recul la meme chose avec du grip aurait sans doute été un meilleur choix ;o) ). Une semaine après la course, le constat est le même que précedemment j'ai beaucoup moins mal, je récupère plus vite (je suis allé courir hier soir pour voir...pas de souci, je ne suis pas encore complètement remis mais je peux courir cool sans être particulièrement en souffrance).
Note: ces deux dernieres courses j'ai couru à un rythme moins élevé que sur d 'autres, notamment la derniere car le profil plus cassant que mes parcours habituels m'ont fortement freiné;o) mais j'ai pu finir en courant, nettement plus vite qu'à mon 80 k précédent ou après les 46 premiers kilometres ca s'etait reduit a passer en mode survie, donc a priori une gestion de course plus raisonnée aussi (l'expérience aidant)

En synthèse, je suis persuadé que le fait de courir avec moins d'amorti et moins de drop a influencé ma pose de pied, j'attaque beaucoup plus par la partie mediane que le talon et j'ai l'impression que ma foulée est plus légère et engendre moins de chocs.La fatigue reste quasi identique soit dit en passant, courir reste toujours un effort et un ultra ce n'est pas tout à fait une balade ;o)
Ca ne m'empêche pas de courir vite en descente dans els cailloux ou sur des pavés, du moment que ce n'est pas trop technique jen'ai pas vu de différence marquante .
La récupération est plus rapide et moins douloureuse
l'usage des chaussures de ce type doit se faire proggressivement dans le temps et de manière raisonnée (cf une petite recherche sur google donne plein de résultats, autant de lectures a parcourir avant de s'y mettre pour éviter d'avoir mal aux mollets...) , sans quoi on risque de se blesser ou à tout le moins d'avoir mal partout, surtout aux mollets en ce qui me concerne
N'est pas Anton Krupicka ou un tarahumara  qui veut, il faut savoir rester réaliste par rapport à sa propre pratique et sans cesse se rappeler le mot

"PROGRESSIVITE"...

on peut parocurir des distances importantes avec des chaussures minimalistes, tout dépend de son entraînement. Pour preuve, la première femme (Ruby Muir) sur les 100 kms de la tarawera trail  a couru l'intégralité du parcours en five fingers... dans un temps de 10H30 soit le 7eme temps au scratch...ca laisse songeur !
un truc qu'on évoque finalement peu sur le sujet, courir avec des chaussures moins amorties est aussi source de plaisir, puisqu'on a l'impression de continuer à progresser en s'adaptant à une nouvelle façon de courir , perso ca a renforcé mon envie de courir !

mardi 7 mai 2013

Anton Krupicka la super star du trail? de l'influence du marketing sur nos achats


La reconnaissance dans le monde du sport passe bien souvent par le sonsoring. On se souvient avec emotion d'Andre Agassi dans les années 90 qui avec Nike avait fait un veritable tabac , les short en jean et fluo se vendant comme des petits pains... aujourdhui Nadal ou Federer ont leurs lignes dédiées  idem pour les chaussures Nike a même remis au goût du jour les anciennes air jordan et revend des modeles anciens à des prix sky rocket...idem en kite avec par exemple  Ruben Lenten  ou en windsurf avec le harnais série spéciale de Gollito Estredo.

Jusque là le marketing avait , un peu, épargné le monde du trail, pas assez visible, donc pas suffisamment rémunérateur. l'arrivée de Kilian Jornet a un peu changé la donne, du moins en europe, avec une exposition médiatique intense et des défis retransmis sur des médias nationaux (UTMB, Kilian Quest ...). Outre atlantique des évènements comme la western states ou  la badwater ont aussi attiré l'exposition médiatique, quoi de plus normal. Au coeur de cette petite communauté du trail et de l'ultra, Anton Krupicka apparaissait un peu comme un ovni: palmarès éloquent, look beatnik/ sauvage des bois ce coureur exceptionnel s'est attiré une popularité internationale importante, tout le monde, ou presque a vu ces photos de lui courant torse poil dans les bois avec des chaussures super fines.

Et le marketing s'en est mêlé, d'abord avec les chaussures d'Anton , New Balance ayant lancé les MT 110 avec l'aide du gourou (chaussures que j'ai d'ailleurs et que j'adore...), des modeles low profile , avec un drop de 4 mm, puis toute la série des minimus qu'Anton a largement promue au 4 coins du globe.
L'engouement pour le coureur barbu ne s'est pas arrêté là puisque Ultimate direction a fait un véritable carton avec sa signature serie...le modele de tonio est aujourdhui en rupture de stock au grand dam de ses fans  et de ceux qui ont bien envie de le tester (j'en fais partie!, ultimate direction si tu m'entends je testerai bien ce sac! ;o) )
D'ailleurs UD n'y est pas allé de main morte pour la lancement de ces produits puisqu'ils ont lancé pas moins de 3 sacs avec chacun une signature différente (Scott Jurek himself et Peter Bawkin complétant les rangs)...et ils ne se sont pas arrêtés là puisque la marque américaine vient de lancer la Jurek collection !
Ce matin je check le blog d'anton et paf voila qu'il a signé un partenariat avec Buff qui vient de lancer...la collection Anton Krupicka ! une série de 9 produits qui vont du bandeau au buff classique en passant par  le short et le tank top AK. a ce propos je me demande si vendre des t shirts (et plus largement des vetements) sous la signature d'un mec qui court les 3/4 du temps a poil ou presque ca a du sens? :o)

bref quelques petites réflexions sur le marketing et l'influence que cela a sur nos habitudes de consommation meme dans un petit univers comme le trail et l'ultra trail...

dimanche 24 février 2013

Trail de la mazerine 62 kms , du froid, de la neige et du debalisage sauvage...


Cet hiver nous a bien gaté au niveau meteo. Du froid, de la neige, de la glace, encore du froid et aujourdhui encore les rues sont blanches. Après l'ecotrail de bruxelles et ses 80 kilomètres je recherchais une nouvelle course mais je n'avais aucune envie de parcourir des centaines de kilomètres pour se faire, aussi ai je cherché une course à proximité. Et bingo à 10 kms de la maison j'ai trouvé le trail de la mazerine  une course familiale organisée par une association sportive locale, un truc a priori aux antipodes des grosses machines sur lesquelles j'ai pu courir jusque là (saintelyon, ecotrails, marathons, ...)

A 6H30, sur mon velo avec mon gros sac à dos et les temperatures negatives du jour j'etais un peu en train d'halluciner. Pas forcément rassuré à l'arrivée à 7 heures , il n'y a presque personne, quelques locaux qui s'agitent dans tous les sens et m'assurent que tout sera prêt pour 8 heures , heure du départ. Je me pose , me change, enfile mes pure grit et attend bien sagement en grignotant un restachou de gatosport. 
on nous annonce un briefing, tout le monde sort dans le froid il ya tout juste une grosse cinquantaine de participants, on ne remplit pas la tente. Le vent est glacial , on se prépare petit à petit pour les heures à venir, ca va pas être une partie de plaisir. Le faible dénivelé annoncé (300 metres) laisse présager d'une allure générale plutôt rapide, d'autant que le froid n'incite pas à rester batifoler!

8H12 le départ est annoncé dans 20 secondes, j'enclenche l'ipod et prépare le garmin, boum, ca y est c'est parti je suis dans les premiers a franchir le depart, ca part gentiment devant, je suis le groupe de tête sans chercher a pousser, on est à 11 kms/ heures, le sol est gelé et les mares sont des petits bassins de glace. Bientot on enchaine, les premiers ont accéléré mais je retrouve le groupe à un croisement, la signalisation est absente. Bientot tout le peloton arrive, on prend une direction (tout droit c'est plus simple) on se  paume dans une immense propriété privée, cul de sac, coup de fil à l'organisation, rien n'y fait, il faut rebrousser chemin.

Pris d'une soudaine inspiration je remonte la piste jusqu'à la derniere balise et cherche alentours pour finir par déouvrir des fragments d'une balise brisée...je hèle le groupe et m'élance sur la piste bien content de trouver quelque centaines plus loin une nouvelle balise. Cet épisode de débalisage sauvage m'a finalement couté cher, 3 kilometres et quelques de plus au compteur, du stress et surtout un rythme plus éleve, ce qui n'est vraiment pas malin en tout début de course. D'ailleurs j'ai vite essayé de me raisonner en me disant qu'on était même pas au 1/4 de la  course et que j'avais encore plus de 50 bornes a faire, mais rien n'y fait je cours sur les 10 premiers kilomètres un peu trop vite, jusqu'à ce que la premiere côte me fasse marcher. Je mastique une barre, ca passe moyen et comble du bonheur boire au  bidon est difficile car...il a gelé (l'eau au niveau du bouchon a formé des cristaux et il est malaisé de boire...) ...la loose!

Comble de la bêtise je me repaume tout seul comme un crétin au milieu des chemins et continue tout droit au lieu de bifurquer. Foutu balisage, je me maudis et perds au passage quelques précieuses places, c'en est fini de mon super plan, a partir de maintenant l'objectif est de finir et de prendre du plaisir.Dur de se dire que c'est l'extase dans cette partie de champs (open fields) battus par le vent, nos pieds luttant sans cesse pour garder l'équilibre sur le sol gelé et creusé de profondes ornières.

Le parcours continue, entre petites rues pavées, jolies maisons, single tracks dans la forêt et chemins agricoles , on se rapproche de mon fief et bientôt le chateau de Mérode se profile. Comme je connais le terrain, j'accélère et part pour une bonne tranche dans la forêt de Rix où j'ai fait la majeure partie de mes entraînements, je me retrouve seul, traverse les bois et arrive à Overijse. 

Les parties exposées en plein vent sont assez violentes, je suis transi jusqu'à l'os, on apprécie le couvert des petits chemins ou l'abri des arbres. Un mec me rattrape finalement, on descend ensemble sur le lac de genval (petite pensée fugace et si je m'arrêtais là? la maison est à 2 pas, je pourrai prendre un thé chaud...vite secouer ces pensées parasites et continuer). Premier ravito au bord du lac, c'est basique des bananes, du chocolat des oranges, je laisse tomber et remplis juste les bidons. 
C'est reparti, on enchaîne dans les rues de la Hulpe, la police est là pour nous permettre de passer sans encombre, les gars ils ont du avoir froid aussi au milieu des carrefours en plein vent et sans bouger!

D'un coup j'ai le bout des doigts qui devient gourd avec une bonne coloration schtroumphesque, c'est un début d'onglée. Je me secoue, ca finit par passer mais c'est désagréable (note pour le futur, prends des gants ...). Au détour d'un nouveau carrefour, on entre dans le parc de la Hulpe. 
On apprécie les chemins super roulants et larges. Cette section est la plus courte de la course il n'y a en principe que 17 kms entre les 2 ravitos. je fais route avec le même gars qui m'avait dépassé avant le premier ravito. il est plus en forme et me lâche dans le parc, je continue seul à faire des tours dans tous les sens dans le parc , les boucles n'en finissent pas , c'est moyennement drôle en fait. Le deuxième ravito est à la fondation folon, , c'est le premier pointage de la course, je suis 11 eme, c'est le 42 eme environ et 4H15 de course. J'ai mal aux jambes mais raisonnablement, par contre je n'ai plus de jus et je sais que les prochains kilomètres vont être difficiles, meme s'il n'en reste qu'une vingtaine. remplissage des bidons, un verre d'orangeade et c'est reparti je cavale gentiment mais j'avance encore. j'essaye de continuer à manger des barres et des gels mais le froid ne facilite pas les choses, je n'ai pas vraiment faim et le goût des aliments est altéré par le froid.

On repart sur une section de l'ecotrail pour quitter le parc puis re section de route, un mec derrière moi me passe, on échange quelques mots dans une montée, puis je me retrouve tout seul avec mon ipod et le froid cinglant et des flocons de neige qui tombent en rafale. La fin du parcours est bien plus technique que les parties précédentes, ce n'est qu'un enchaînement de montées / descentes sur des chemins agricoles et des sentiers de randonnées. On longe le golf  de Waterloo , je fais un AFK bio face aux champs , il n'y a guere que des corbeaux qui bougent dans ce paysage monotone, je me traîne mais fais super gaffe à l'orientation, ca va ca passe. 

Dans un chemin, je suis surpris par une voix toute proche .C'est Johan avec qui je vais partager un bout de chemin. on continue à monter/ descendre, ca n'en finit pas. Mes jambes sont faiblardes Johan a encore du jus et me lâche, je me retrouve a nouveau seul, cette fin de course est rude . Arrive enfin Lasne on est à quelques kilomètres de l'arrivée, ca y est. Je retrouve finalement Jo au détour des chemins et on poursuit ensemble en marchant dans les montées, sur le pat on essaye d'envoyer mais ca devient dur. encore un enchaînement puis une descente et ca y est je reconnais l'endroit pour l'avoir parcouru à l'entraînement on est vraiment proches. dernier faux plat on s'accroche et on finit main dans la main en 6H54 bien contents d'avoir partager cette fin de course un peu rude.
quelques pâtes plus tard Brice a la gentillesse de charger mon velo et mon barda dans son espace pour rentrer dare dare à la maison. merci Brice!

Alimentation:

pour cette course j'ai repris les trucs qui fonctionnent pour moi, des barres overstims salées, les gels liquides, au final j'ai mangé une barre isostar, 2 salées et 5 gels . pour la boisson j'ai utilisé les cachets isostar et je rechargeais a chaque ravito. 

Matos 

la partie la plus touchy pour cette course du fait des conditions climatiques particulièrement froides et ventées: -3°C et du vent de nord est soit un -8° en ressenti...
bas: un cuissard , des bas de compression et un collant D4 un peu épais. pas de souci ca a suffisamment respiré, je n'ai pas senti le froid particulièrement

Haut

un lycra manches longues de surf, un t shirt ML breath thermo mizuno, un gilet soft shell eider et une veste coupe vent north face hydrogen , en back up dans le sac une veste salomon legere et coupe vent/ deperlant. je n'ai pas pris de veste particulierement resistante à la pluie du fait de la meteo froide et seche. A part la neige qui est tombée sporadiquement ce n'etait pas un probleme.

Accessoires:

un buff autour du cou et un bonnet windstopper sur la tête, rien à dire, ce sont des trucs qui fonctionnent bien. pour les gants j'avais pris l'option mitaines pour la préhension des bidons, au final c'etait un peu juste, faut que je trouve une solution...genre ca?  
côté sac je suis parti léger, le nathan HPL 020, fallait juste que je trimballe la bouffe , un telephone et une petite veste. Cette fois j'ai fait une modif en ajoutant un strap scratsch pour pouvoir caler une bouteille dans la poche de droite. Ca m'a permis de ne pas prendre de pipette (j'ai du par contre porter la deuxieme bouteille à la main).Une bonne idée au final, le ravitaillement est super facile et rapide, on peut mettre de l'eau claire ou varier avec des boissons isotoniques. 

lundi 14 janvier 2013

review MT 110 NEw balance


Après quelques kilomètres avec mes brooks pure grit aux pieds je trouvais que celles ci certes confortables , legeres et globalement efficaces manquaient de traction sur terrain super humide, particulierement dans la boue. Les MT 110 me faisaient de l'oeil depuis un moment et le prix sur sport direct était franchement alléchant, le meilleur prix jamais vu pour une paire de trails.

Alors qu'obtient on pour moins de 50 euros? a l'ouverture de la boite on decouvre un paire legere de runnings a la belle livrée noire avec une semelle bleue et orange . Ce  qui frappe d'emblée c'est le relief de la saemelle, les crampons sont tres saillants et on les sent en marchant quelques pas. La semelle parait assez rigide également. J'ai pris une taille 9 alors que d'habitude j'utilise plutot du 8,5 (tailles US) et le fit est impeccable, les orteils peuvent respirer. 
Première sortie , premières impressions, les chaussures sont hyper légères et on sent la route , pratiquement comme avec les minimus MR 00, a une différence majeure pres, quand on passe sur des cailloux, la plaque de protection joue bien son rôle et le gros orteil est protégé contre la plupart des chocs par un enrobage plastique souple. La tration est bel et bien présente, c'ests même bluffant on a très envie d'accélerer et de pousser sur les jambes. Qu'importent la boue, le sable ou les graviers, la chaussure accroche tout le temps. 
Seule ombre au tableau, ces chaussures sont vraiment dans la lignée des minimalistes (pas comme mes brooks grit ou flow) et après une sortie d'une heure et demie mes mollets ont un peu souffert le lendemain.

Après un mois d'utilisation régulière,ls mollets vont mieux et je n'utilise les MT110 que pour des sorties d'une heure. Premières impressions conformées, la chaussure s'est rapidement assouplie et j'ai du mal a courir avec autre chose tant je les trouve agréable et sécurisante. La neige qui est tombée en abondance ces derniers temps m'a offert un nouveau terrain de test: mes parcours en forêt de Soignes sont tous blancs et glacés. Sur la neige molle ou tassée, pas de surprise, les MT font le boulot et bien, l'accroche est irréprochable on peut même courir normalement, sans trop freiner par peur de glisser. Bon on trouve la limite sur le verglas ou la glace dure, là à part les yaktrax y a pas grand chose qui tiendrait...
autre fait surprenant dans ces petites chaussures, la matière utilisée. pas de filet en fibres, mais un surprenant film plastique souple et très aéré qui recouvre toute la chaussure. Gros avantage ca se nettoie avec un coup de chiffon , ca seche super vite quand on court. Par contre avec le froid , comme la chaussure est super aérée, elle prend l'eau très vite dans la neige ou la boue et on peut avoir froid aux pieds au bout d'un moment. 

en conclusion , pour le moment ce sont les meilleures chaussures de trail que j'ai testées au moins pour de courtes distances. Avant de les emmener jouer sur du long il faut avoir les mollets entraînés. Disons que cette chaussure, avec un amorti similaire aux pure grit seraient parfaites pour moi ;o) 

edit: en fait chez NB ils sont super forts...ils ont meme sorti une version hivernale de la mt110: la meme chose avec une couche isolante en plus.. apparemment ca fonctionne bien si on croit cette review